Expositions
Rejoignez l’appel pour la panthéonisation de Maurice Genevoix le 11 novembre 2014
Proposition pour le transfert des cendres de Maurice Genevoix au Panthéon le 11 novembre 2014
En 2014, la France se souviendra qu’il y a cent ans commençait la Grande Guerre. Elle se souviendra qu’un million trois cent cinquante mille Français y perdirent la vie. Elle se souviendra et elle voudra essayer encore une fois de comprendre. Elle voudra voir ce qu’ont vu les combattants, entendre ce qu’ils ont entendu. Elle voudra connaître leurs pensées et leurs sentiments, écouter leurs paroles et les cris des blessés et les gémissements des agonisants. La France voudra revenir vers l’énigme de la Grande Guerre, l’énorme et tragique expérience dont est né notre temps.
Elle dispose pour cela d’une somme considérable de témoignages, récits et documents. Beaucoup sont bouleversants, aucun n’atteint, à la fois, la puissance d’évocation et l’humanité, l’objectivité et l’émotion, la clarté et la beauté du récit que Maurice Genevoix a laissé de la guerre qu’il a faite d’août 1914 à avril 1915, dans la Meuse, avant d’être grièvement blessé. Cela est reconnu. Les historiens vont chercher la vérité dans ce texte abondant et puissant. Ils l’y trouvent, détaillée, précise, et par surcroît un frisson de pitié et de tendresse, qui, lecture après lecture, paraît toujours neuf et profond, et les submerge.
C’est Maurice Genevoix que les anciens de Verdun avaient porté à leur tête pour que soit créé à Douaumont le Mémorial où ils déposeraient leurs pauvres et glorieux souvenirs, et ceux des morts. C’est à Maurice Genevoix que le général de Gaulle avait demandé de clore les cérémonies du cinquantenaire, devant le monument des Fantômes, à la butte de Chalmont, le 18 juillet 1968. C’est dans Maurice Genevoix, dans Ceux de 14, constamment réédité, que des lecteurs de tous âges continuent d’approcher au plus près de ce que fut la détresse et la grandeur des combattants. Car c’est par ce livre que dans notre langue est conservée vivante, vraie et fraternelle, la voix d’un homme dans la Grande Guerre, et dans celle-ci, la voix de tous les autres.
Pour ces raisons, et celles que découvriront les générations suivantes dans l’inépuisable chef d’œuvre qu’est Ceux de 14, nous proposons que le 11 novembre 2014 les cendres de Maurice Genevoix soient transférées au Panthéon.
Association « Je me souviens de Ceux de 14 » – www.ceuxde14.fr
Appel lancé à l’initiative de Sylvie Genevoix (In memoriam)
Publié dans Le Figaro – le 9 novembre 2011
Vous pouvez signer cet appel (nom et profession) en envoyant un mail à contact@ceuxde14.fr.
Premiers signataires
Suzanne Genevoix
Francoise Viales Genevoix
Charlotte Larère Genevoix
Julien Larère Genevoix
Bernard Maris, Président de l’Association « Je me souviens de Ceux de 14″
Michel Bernard, Vice-président de l’Association « Je me souviens de Ceux de 14″
Alain Decaux, de l’Académie française
René de Obaldia, de l’Académie française
Olivier Mitterrand, Trésorier de l’Association « Je me souviens de Ceux de 14″
Anne Grand d’Esnon, Secrétaire de l’Association « Je me souviens de Ceux de 14″
Jean Spiri, Secrétaire adjoint de l’Association « Je me souviens de Ceux de 14″
Christian Namy, Président du Conseil général de la Meuse
Marc Saint-Denis, Conseiller général de Meurthe-et-Moselle
Bruno Bourg-Broc, maire de Châlons-en-Champagne, membre honoraire du Parlement
Le Mémorial de Verdun
Xavier Pierson, colonel ER
L’association L’Esparge
Patricia Pierson
Jérôme Grand d’Esnon, Avocat
Guy Dupré, écrivain
Paul-Henri Trollé, haut-fonctionnaire
Jacques Bernard, retraité de la fonction Publique
Cécile Beauzée-Bernard, retraitée de la fonction publique
Jean-Loup Kastler, Professeur d’histoire et géographie au Lycée international de Ferney-Voltaire
Hubert Augustin, ouvrier
Alain Chiron, enseignant
Anne-Sophie Souhaité-Grouchka
Marie Mitterrand, productrice de films
Françoise Geoffroy-Bernard, formatrice-enseignante
François Broche, historien
Pierre Guiraldencq, Professeur des Universités émérite à l’Ecole Centrale de Lyon .
Jacques Wallet, professeur de philosophie
Henri Jacquier
Françoise Menachem Spiri, expert-comptable, commissaire aux comptes
Stéphan Agosto, illustrateur
Jérôme Verroust, journaliste
Thomas Dekens, artisan commerçant
Jean Rocher, professeur
Danielle et Jean-Claude Thiriet-Lestrade, retraités de l’Education nationale
Pierre Savin, consultant en management hospitalier
Anne Robert, claveciniste
Blandine Magnier, étudiante
Pierre-Henri Gergonne, journaliste
Thierry Lefevre, responsable du développement d’une entreprise privée
Agnès Rousteau-Lesur, biographe
Alexandre Brugère, consultant
Arnaud Teyssier, haut-fonctionnaire
Eric Tellier, cadre
Nicole Pettiti, retraitée
Georges Emilien, Médaillé militaire, Ancien d’AFN
Dominique Andrès, Enseignant
Thierry Vuaille, ingénieur agricole
Damien Séjourné, cadre financier
Florent Deludet, Chef de Projets.
Catherine Sauffrignon, Technicienne Qualité
Monique Raux, journaliste
Pierre Joannon, Historien
Philippe Plault, créateur de sites internet
Patrick Mazurié, visiteur médical
Dr Claude Munsch, médecin généraliste
Thérèse Fries
Vincent Renault, artisan
Bruno Herbin, charcutier-traiteur, Meilleur ouvrier de France
Sylvie Herbin, commerçante
Jacques Trefouël, cinéaste
Bernard Guillaume
André Soulas, Capitaine au Long Cours – Commandant de la Marine Marchande (retraité)
Alain Pereur, Historien, président de l’association L’Encrier du Poilu
Alain Guillot
Alain Orrière
François Naudin, Lieutenant-colonel de l’Armée de terre
Jean-Marie Geffard, Cadre retraité, chercheur local
Christophe Matho éditeur
Yanny Hureaux, écrivain
Jean-François Defives, retraité de la Fonction publique hospitalière
Cheikh Sakho, doctorant en Histoire
Henri Jacquier, retraité
Jean-Christophe Sauvage, enseignant
Michel Grenouilloux, journaliste retraité
Catherine Grenouilloux, retraitée
Pascal Prudhomme, Directeur général des champagnes de Castelnau
Joël Piedallu, Président d’une compagnie théâtrale, Conseil municipal de Lailly en Val (45)
Mireille Fouillaud, Directrice de préfecture
Michel Dab
Vincent Barraud, metteur en scène
Audrey Zenati Poirier, salariée et mère de famille
Raphaël Dargent, historien et écrivain
François Witzmann
Fabrice Dekoninck, chef d’entreprise
Une exposition itinérante sur des villages détruits

L’exposition Traces et Fragments 14’18, Regards d’hier et d’aujourd’hui sur les villages détruits de Champagne, est organisée conjointement par le Conseil Général de la Marne, le Centre d’Entrainement des Brigades de Mourmelon-le-Grand et le Centre d’Interprétation Marne 14-18 de Suippes. Elle est présentée à Reims à partir du 20 août et jusqu’au 15 septembre, elle sera ensuite présentée à la Maison des Associations de Suippes du 18 septembre au 4 octobre, puis les 9-10-11 novembre à la salle omnisport de Cormicy. Sept villages et deux hameaux sont définitivement rayés de la carte ; il s’agit des bourgs de Tahure, Ripont, le Mesnil lès Hurlus, Hurlus, Perthes lès Hurlus, Nauroy, Moronvilliers ainsi que les hameaux de Sapigneul et la Neuville. Cette exposition imagine que, parmi les habitants de la Belle époque, le maire, la fille du patron du bistro, un domestique de culture et le curé évoquent les lieux disparus. Une conférence aura lieu à Cormicy sur l’histoire de Sapigneul le 9 novembre 2012, par M. Robert Clément et M. David Hugot. Par ailleurs se tient à Nauroy, le 11 novembre 2012, une exposition sur Beine, Nauroy et Moronvilliers.
Traces et Fragments 14’18, Regards d’hier et d’aujourd’hui sur les villages détruits de Champagne
A la Maison du Département, 18 rue Carnot à Reims du 20 août au 15 septembre 2012,
du lundi au vendredi de 9h à 18h et le samedi de 14h à 18h.
Renseignements au 03 26 83 56 10 / maisondudepartement@cg51.fr
A la Maison des Associations, rue Saint Cloud à Suippes du 18 septembre au 4 octobre 2012, du mardi au vendredi de 14h à 18h.
Renseignements au 03 26 68 24 09 / contact@marne14-18.fr
A la salle Omnisport de Cormicy, les 9, 10 et 11 novembre 2012 (Renseignements au 06 82 28 31 08)
Animaux dans la guerre : une exposition explosive au musée de l’artillerie de Draguignan
Le musée de l’artillerie de Draguignan a été ouvert en 1982 et dans son exposition permanente il propose un parcours où l’on débute par les catapultes et les trébuchets jusqu’à l’artillerie en usage lors du débarquement de Provence en 1944, en passant par le canon Gribeauval des armées napoléoniennes. Une exposition intitulée War Horse: Fact & Fiction s’est tenue fin 2011 au National Army Museum de Londres et de fin 2009 à début 2010 une autre exposition Chienne de guerre, en élargissant le sujet à nombre d’animaux mais en se centrant sur la Grande Guerre avait été proposée par le musée royal de l’armée de Bruxelles puis adaptée par les Archives de la Marne dans leur propres locaux et ensuite au fort de Vaux, tandis qu’en 2007 l’Historial de Péronne proposait Les animaux de la Grande Guerre. Sur le sujet de la place des bêtes durant la Première Guerre mondiale, il y a une page internet extrêmement intéressante créée début 2012 par Virginie Bath : http://www.xoriburu.info/Les-animaux-de-la-Grande-Guerre_a385.html.
L’originalité de l’exposition de Draguignan est sûrement son caractère exhaustif puisqu’elle part des éléphants d’Hannibal à l’usage des dauphins par l’armée américaine. On y apprend des choses terrifiantes sur l’usage des chiens qui dans l’Antiquité les Russes reprennent cette idée en Au-delà des utilisations strictement fonctionnelles, on découvrira le rôle primordial de mascotte qu’eurent mulets, chiens, petites lionnes pour des régiments de divers pays et la forte présence de dessins d’animaux sur les insignes militaires. Un journal de l’exposition de format approximatif 30X42 cm est composé de huit pages et est assez illustré, le contenu textuel est fort intéressant. Du fait de son thème et de ses choix de présentation, cette exposition intéressera les enfants dès 8 ans et les adultes, étant bien entendu qu’ils n’en retireront pas la même chose.
Alain CHIRON
Animaux dans la guerre
Du 12 mai au 16 septembre 2012, du dimanche au mercredi matin et après-midi
Musée de l’artillerie. Quartier Bonaparte. Avenue de la Grande Armée. 83300 Draguignan
1917 : une exposition fascinante pour une année passionnante au Centre Pompidou de Metz
Cette exposition est ouverte au public du 26 mai au 24 septembre 2012. L’exposition est présentée en deux parties. Pour la première galerie le visiteur découvre ce qu’a pu être la proximité physique et psychique des créateurs avec l’univers de l’année 1917 et comment cela se traduit sur la diversité de la production culturelle de 1917. Dans la Grande Nef, l’exposition réfléchit autour des liens entre destruction, reconstruction et création ; le rideau de scène monumental réalisé par Pablo Picasso pour le ballet Parade est l’objet phare de la présentation du monde du théâtre en rapport avec l’année 1917. Plus de six cent œuvres sont proposés aux visiteurs.
La création artistique questionne les multiples aspects du conflit quand elle ne sert pas l’effort de guerre pour le camouflage (voir notre présentation de la BD Les Caméléons dans un texte précédent) ou les œuvres de propagande (affiche de Poulbot au profit des œuvres de guerre de la ville de Paris), les œuvres de peintres aux armées comme celles de l’Anglais Nevinson ou Maurice Denis ne relèvent pas toutes d’un contenu d’abord patriotique. Le contenu de cette exposition fourmillante et pluridisciplinaire nous questionne sur ce que peut être l’art en temps de guerre. L’art des tranchées, en fait un artisanat basé sur la réutilisation par les hommes du front de débris d’objets de guerre ayant déjà servi, trahit l’attachement des créateurs à leur famille autant qu’il reflète l’univers des combattants. La pièce la plus étonnante est peut-être le violoncelle qu’un poilu fabriqua pour Maurice Maréchal à partir de morceaux de porte et d’une caisse de munitions, il est aujourd’hui un objet des collections de la Cité de la Musique et on peut y voir les signatures de Foch, Pétain et Mangin. Il prend place aux côtés d’œuvres phares d’artistes aujourd’hui reconnus comme Félix Valloton, Matisse, Jean Arp, Otto Dix, Picasso, Chagall, Egon Schiele … Tous ne produisent pas des œuvres en rapport direct avec la guerre mais un tableau de Picasso comme Arlequin et femme au collier n’est pas sans renvoyer entre autre à des corps déchirés par les obus. Les avant-gardes avec les premiers ready made de Duchamp (qui traduit bien le passage à une guerre industrielle), le cubisme et le futurisme s’engouffrent dans la remise en perspective des valeurs qui accompagne le conflit. La guerre a permis des rencontres entre artistes qui n’auraient peut-être pas eu lieu (ou auraient eu lieu bien plus tardivement) ainsi en 1917 dans une tranchée Paul Éluard fait la connaissance de Max Ernst, au Val-de-Grâce Aragon et Breton sont tous deux infirmiers et à l’hôpital militaire de Ferrare De Chirico et Carlos Carrà réfléchissent sur le concept de peinture métaphysique. Maurice Maréchal (dont nous venons d’évoquer le violoncelle) fait la connaissance sur le front d’autres musiciens : Gustave Cloëz, le violoniste Lucien Durosoir, le pianiste Henri Magne, le compositeur André Caplet, Henri Lemoine, avec lesquels il forme un petit ensemble.
Le catalogue consacre des notices non seulement à des artistes ou des écrivains, mais il a aussi des entrées sur des réalités comme les mutineries, les gaz, les morts (avec la rumeur durant l’année 1917 que des usines allemandes recycleraient des cadavres, triste anticipation), la mondialisation du conflit, la guerre sous-marine, des noms d’aviateurs ou d’acteurs politiques, les drogues et alcools, les femmes en guerre, l’arrière (où le rôle des paysannes est cité sans être développé) … Parler d’ « officier de liaison » au lieu d’ »agent de liaison » à propos de Maurice Maréchal prouve qu’on ne connaît pas vraiment les fonctions des uns et des autres ni au front (le cadeau fait s’explique par le rôle tenu par celui-ci) ni à l’état-major et qu’on ne craint pas l’anachronisme. Parmi les autres erreurs contenues dans l’ouvrage, on remarquera dans l’article « bande dessinée » l’attribution des Aventures de Berliner au magazine Les Belles Images alors que celles-ci sont le fleuron du journal Les Trois Couleurs et reflètent parfaitement le contenu globalement bien spécifique des Trois Couleurs par rapport à tous les autres périodiques pour enfants. Il aurait été bon de donner leur auteur Gilles Baer, né à Strasbourg en 1859, dont la famille opte pour la France, et de donner le nom de la seconde série phare de ce journal (intéressante dans la mise en scène cette fois de civils allemands) qu’il prit en charge, mais encore aurait-il fallu connaître de façon autrement que très superficielle la presse pour les jeunes à cette période. Nous reviendrons sur le site Ceux de 14 sur cette confusion et d’autres imprécisions en proposant ultérieurement des histoires en images de l’époque en situant précisément le journal où elles paraissent et leur auteur. Ce catalogue propose 1070 illustrations sur près de 600 pages il constitue une approche complémentaire de l’exposition. Une série d’essais généraux, un dictionnaire et un journal de l’année constituent les trois parties du catalogue.
1917 fut l’année de tous les dangers, elle fut marquée l’intensification de la guerre sous-marine qui eut pour corolaire l’entrée en guerre des USA, l’utilisation pour la première fois des gaz à Ypres (d’où le néologisme d’ypérite), , la bataille de Cambrai qui révèle l’efficacité de la nouvelle arme que sont les chars de combat, la sortie du conflit de la Roumanie (engagée aux côtés des Alliés), le désastre pour les forces italiennes à Caporetto, les troubles en Russie qui débouchent sur la fin de la guerre sur le front russe, par la prise de Bagdad et Jérusalem sur les Turcs par les Britanniques, l’hécatombe due à l’offensive Nivelle et en conséquences des mutineries dans l’armée française, , les grèves des munitionnettes et des midinettes les tentatives de proposition d’une sorte de paix qui aurait déboucher à l’ouest sur un retour approximatif aux frontières de 1914 (la France gardant la petite portion de l’Alsace qu’elle avait conquise à l’été 1914) avec la décision prise par le président Poincaré, pour contrer de façon irrémédiable ces initiatives, d’appeler Georges Clémenceau à la tête du gouvernement … Nous devons nous réjouir que cet évènement inaugure aussi remarquablement les manifestations liées aux commémorations de la Grande Guerre qui s’échelonneront jusqu’à fin 2018. On pourra lire avec profit la présentation de cette exposition, qui complète avantageusement la nôtre, faite sur http://suite101.fr/article/1917–une-exposition-pluridisciplinaire-a34526.
Alain CHIRON
1917. Du 26 mai au 24 septembre 2012, fermeture le mardi.
Centre Pompidou de Metz. 1, parvis des Droits de l’Homme 57020 Metz Cedex 1.
Tél : 03 87 15 39 39 contact@centrepompidou-metz.fr
1917. Claire Garnier (dir.) ; Laurent Le Bon (dir.). 1917. Éditions du Centre Pompidou-Metz, Metz, 2012. ISBN : 978-2-35983-019-4. Prix de vente : 49,90 €
Je vais écrire encore, il n’y a pas d’autre sort pour moi : exposition sur Colette d’avril à septembre 2012 au musée Anacréon de Granville dans la Manche
La maison d’écrivain de Colette est située à Saint-Sauveur-en-Puisaye pas vraiment très loin de Saint-Denis-de-l’Hôtel quoique dans le département de l’Yonne. Le libraire Richard Anacréon (Grandvillais d’origine, né en 1907) a légué sa collection d’œuvres produites tant par Colette, Derain, Carco, André Derain, André Lhote, Maurice de Vlaminck, Marie Laurencin, Maurice Utrillo, Kees van Dongen, Gen Paul, André Gide, Jean Cocteau, Paul Claudel, Henry de Montherlant, Paul Léautaud, Paul Valéry, Léon-Paul Fargue, Louis-Ferdinand Céline… En effet une bonne partie de la collection a été constituée durant l’Occupation ; en échange de ravitaillement Richard Anacréon entra en possession d’originaux de divers artistes ou écrivains dont il avait la connaissance dans la librairie parisienne L’Originale qu’il avait ouverte en 1940. Colette avait d’ailleurs parrainé avec Paul Valéry l’ouverture de la librairie L’Originale. Richard Anacréon avait fait la connaissance de Colette déjà dans les années Trente lorsqu’il travaillait pour Le Petit Parisien et le fonds consacré à cette écrivaine est le plus important du musée. Au début de la Première Guerre mondiale Colette assure les gardes de nuit auprès des blessés soignés au Lycée Janson-de-Sailly, qui est transformé en hôpital. Colette est connue pour de nombreux articles durant la Grande Guerre rendant tant l’atmosphère de Paris que de Verdun ou de points libérés du territoire sous peu. Durant cette période elle commence à collaborer à L’Excelsior, L’Éclair et La Baïonnette ; dans ce dernier titre le 6 avril 1916 paraît sous sa plume “Les mamans“ elle rappelle que son père avait perdu une jambe suite à la campagne d’Italie de Napoléon III et assure que même amputés les revenants du front recevront tout l’amour qu’ils méritent de leur mère. Dans Histoires pour Bel-Gazou on peut découvrir pour un jeune lectorat le Conte pour les petits enfants des poilus où en rêve un soldat français sur le front se voir offert successivement la chaleur de divers animaux. Ce texte se retrouve également dans la partie intitulée « La paix des bêtes » du quatrième tome des Œuvres complètes en 1973 comme d’autres situés au milieu du chapitre « Les heures longues » fruit de la compilation d’articles parus essentiellement dans Le Matin, Le Flambeau et La Vie parisienne. Parmi ces derniers écrits on relèvera La Nouvelle (mise en scène de l’annonce de la déclaration de guerre), À Verdun (arrivée incognito de Colette à Verdun en décembre 1915), Jour de l’An en Argonne (description de villages détruits et pillés reconquis par l’armée français sur un ton de propagande en évoquant en particulier l’antienne du vol des pendules), Bel-Gazou et la guerre (l’univers du conflit est intégré par une enfant de deux ans), Les Mêmes (des horreurs perpétrées par les forces germaniques), Les Foins (à l’été 1916 femmes, enfants et vieillards rentrent les récoltes). On trouve dans Les Heures longues le remarquable texte du Petit Accident paru à l’origine dans L’Excelsior du 31 juillet 1916 ; Colette montre un accident de voiture mettant en cause un étranger où on palpe délicatement la montée des tensions xénophobes. On découvrira dans Je vais écrire encore, il n’y a pas d’autre sort pour moi une multitude de documents originaux dont les manuscrits de Chéri et de La Fin de Chéri. Sont abordés dans cette exposition les points suivants : ses proches, ses maisons, sa vie et ses écrits au moment des deux guerres mondiales, ses relations dans le monde artistique, ses activités de journaliste et celles de diffuseuse de produits de beauté et enfin sa gloire littéraire. Il existe un catalogue de l’exposition avec toutes les notices des œuvres présentées. Il est au prix de 15€ les frais de port en sus.
Alain CHIRON
Je vais écrire encore, il n’y a pas d’autre sort pour moi
Musée d’art moderne Richard Anacréon
La Haute-Ville Place de l’Isthme 50400 GRANVILLE
02 33 51 02 94 02 33 51 98 52 musee.anacreon@ville-granville.fr
Dans l’ombre de Joffre, le général Pellé : une exposition au Mémorial de Verdun
En 2010 le Mémorial de Verdun avait organisé une exposition intitulée La Roumanie dans la Grande Guerre où une large place avait été faite au général Berthelot. En 2012 une exposition est consacrée au général Pellé (natif de Douai), qui comme Berthelot (voir Henri-Mathias Berthelot : du Culte de l’offensive à la stratégie globale aux édition ECPAD et SOTECA) était un proche du futur maréchal Joffre. Si comme on l’a vu l’action de l’armée roumaine entre 1916 et 1919 est liée au général Berthelot, la naissance de l’armée tchécoslovaque en 1919 est due en partie au général Pellé ; tous deux eurent à contenir la révolution hongroise dirigée par Bela Kun. Toutefois le général Pellé fut encore mêlé aux suites de la Première Guerre mondiale puisqu’il représenta la France aux négociations du traité de Lausanne qui en 1923 fixèrent pour l’essentiel les frontières contemporaines de la Turquie. De nombreux objets personnels sont présentés et on note que parmi les institutions prêteuses le musée franco-tchécoslovaque de Darney situé dans les Vosges. Un catalogue de 36 pages richement illustré accompagne l’exposition.
Dans l’ombre de Joffre, le général Pellé : militaire, artiste, diplomate exposition du 15 février au 3 septembre 2012 au Mémorial de Verdun.
Alain CHIRON
L’aviation en Meuse en 1914-1918 : exposition à Verdun au Centre Mondial de la Paix du 25 février au 3 juin 2012
Du 25 février au 3 juin 2012, l’association 14-18 MEUSE présente une exposition itinérante réalisée avec le soutien du Conseil Général de la Meuse, de la Fédération Maginot. Cette exposition est destinée au grand public, a pour thème l’histoire de l’aviation en Meuse de 1914 à 1918. Elle est composée de 30 panneaux qui présentent les sujets suivants : les terrains d’aviation, les avions, les pilotes (dont Paul Montariol, René de Lavaissière de Lavergne, Auguste Heiligenstein) , les traces mémorielles et les combats aériens. Le regard porte donc sur l’aviation française, allemande et américaine. L’accent est mis plus particulièrement sur deux spécificités meusiennes : la première bataille aérienne de l’histoire – au-dessus du champ de bataille de Verdun en 1916 – et la plus importante concentration aérienne de cette guerre lors de la libération du Saillant de Saint-Mihiel en septembre 1918.
Alain Chiron
Contact : association « 14-18 Meuse » ; tél 03 29 86 00 70, fax 03 29 86 87 55, courriel : 1418meuse@wanadoo.fr
L’exposition « Je me souviens de Ceux de 14″ déménage à Puteaux
L’exposition de l’association déménage à Puteaux, où elle est présentée à l’Hôtel de Ville, dans le hall administratif du 131, rue de la République, suivant les horaires d’ouverture de la mairie, du 15 au 30 novembre.
Venez nombreux !















